Post M

The Entangled Storytelling of a Question

Tag: family

Paris, 12th arrondissement

Dear reader,

with our last company member, Heather Pynne, our lighting designer, having arrived this morning, the POST•M’s company is now all present and participating! Tomorrow is our first encounter as a full company, and I am excited. To see everyone together. To feel everybody’s creative energy all physically connected. To witness in person and in visceral body the meeting of boundaries and their change and development. Finally. It’s taken one year, but here it is, happening.

And it is at moments like these that I feel how lucky I have been so far. I would like to share this feeling with you, and also channel this energy to touch a core theme of POST•M’s: the connection between family history and responsibility. With Alena and Viviane reading Art Spiegelman’s Maus, which I consider a cornerstone of transgenerational digestion of History and personal history, myself continuing my research on scholars discussing transgenerational traumas and elaboration of Memory, the entire company drawing genogram family trees and discussing “group”, “collectivity”, “community” and “society”, we are dealing with the heart of POST•M’s matter.

In other words, how do you consider your family’s past (stories, myths, recollections, corroborated facts, official documents) part of your own past? What is the past? What role does your past play in determining your own present identity, and your own personal choices within your society?

These are the questions I have been asking myself for about 1 year and a half now. These and many more. I do not have universal answers for them. I just have my own answers for my own story – and that might not even be accurate. I believe we need to be aware of this, as much as we should be aware of our bodies. In order to know where we come from, and what sort of interests we will always be inherently defending. To be aware of where we stand means to possibly know which biases might be conducting us, and as such, what biased decisions we can make. Knowing this doesn’t mean not to make those decisions, but to have an inkling – with a historical and social awareness – of the long-term consequences our acts can have. And what sort of future we would like to build for ourselves and the generations to come.

We have the gift of long-term projection, as human beings, and yet we lack, in our everyday behavior, political investing, bureaucratic structure, the driving force to apply it intelligently.

The world is bigger than it feels, or seems. The world is big. And so is time. And so are decisions that travel through that time and space. It can be scary, but most importantly, it is something which as citizens, individuals, communities, we can play with in order to make this world a fairer and more balanced ecosystem.

On a thread, in balance, in breath,

Nerina

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

après un retour calme sur Paris et un petit temps de repos, nous revoilà au travail.

Une grosse partie de POST•M est l’exploration de lieux publics, ouverts, de passage, présents et construits depuis peu ou depuis des siècles et s’imprégner de leurs atmosphères, de leurs vibrations. Nous avons donc commencé ce travail avec Alena, qui  est allée jeudi au cimetière du Père Lachaise et a improvisé physiquement avec la technique du “frameworking”, c’est à dire l’utilisation du corps comme cadre d’observation de ce qui nous entoure, mais aussi comme filtre d’observation de nous-même pour l’extérieur. Donc, par exemple, j’utilise mes bras croisés comme “framework” et je vois le monde à travers ce cadre. En un second temps, je laisse que ce que je vois à travers ce “framework” m’observe à son tour à travers mes bras croisés. Que voit-il de moi ? Quelle image, fragmentée et entière, peut-il se former de moi et de mon expérience de ce moment ? Alena, à travers ce travail, a commencé à observer les tombes et les épitaphes qui l’entouraient. Elle a reconnu les “chemins” de tellements de personnes…

Ce soir, nous nous sommes retrouvées et nous avons continué cette exploration. En marchant tout le long de l’Avenue Ledru-Rollin, passant la Seine et arrivant au Quai Saint Bernard, nous nous sommes concentrées sur tous les chemins de vie que nous rencontrions : la souris qui traversait la rue de Charenton, les deux chiots qui jouaient au coin avec l’Avenue, les rollerbladers sur la rue de Bercy, les cyclistes le long du Quai de la Rapée, l’eau de la Seine, les lignes du métros qui s’intersectaient sous nos pieds, les avions qui passaient au dessus de nos têtes… Avec cette conscience, nous sommes arrivées à l’embarcadère du Vogéo (Gare d’Austerlitz) et nous nous sommes lancées en une improvisation sur les marches.

Entre les centaines de mouvements exquissés et les dizaines de thèmes abordés, la question centrale que je pose ce soir est la suivante : qu’est-ce que la connection entre générations ? Comment est-ce que les savoirs, les comportements, les réactions, les habitudes se passent de l’une à l’autre ? Qu’apprend-t’on de nos parents ? De nos grandparents ? Quoi de tout cela est conscient ? Qu’est-ce qui est social ? Qu’est-ce qui est familial ?

Pensez aux petites choses, plutôt qu’au général. Pensez à l’expression sur le visage de votre mère ou de votre père qui est “familaire”. Pensez à la façon d’aborder une idée, la connaissance du nouveau. Pensez à la façon de faire les choses (le rangement, la vaisselle, le pliage de vêtements). Pensez aux métiers de la famille : ont-ils quelque chose en commun ? Ne serait-ce que l’envie et l’énergie derrière eux. Pensez à vous-même comme individu au sein d’un passage, et non pas en isolation.

En interrogation,

Nerina