Post M

The Entangled Storytelling of a Question

Tag: alena giesche

POST•M by inoutput

Cher lecteur, / Dear reader, / Caro lettore,

inoutput est fier de présenter / inoutput is proud to present / inoutput è fiero di presentare:

The trailer of POST•M by inoutput, a participative performance.

Directed and produced by Nerina Cocchi
With Alena Giesche and Viviane Irina Neumann.
Photography by Andrea Messana
Production’s assistant: Heather Pynne

With the support of the FSDIE of l’Université de Paris 8, of our donors and the Middlebury College Dance Department, VT (USA). In partnership with La Mandragola and L’Emmêlé.

Enjoy!

Nerina

Paris, 16e arrondissement

Cher lecteur,

après une journée magnifique au Parc de Bercy avec jeunes et moins jeunes très entousiastes de la découverte de la machine à écrire et de la magie des pelotes qui font des toiles, nous partageons quelques images de ces superbes rencontres !

Photo by ©Andrea Messana/inoutput

Photo by ©Andrea Messana/inoutput

Merci à Arthur, Guillaume, Dalila, Samira, Marinetta, Sandra, Ennio, Delphine et tous les autres pour ces moments !

A demain au Jardin d’Eole,

Nerina et la compagnie

Paris, 16e arrondissement

Cher lecteur,

que du bonheur que de retrouver l’équipe de POST•M dans ce beau temps parisien ! Les visages un peu brûlés, les corps bien engagés, Alena, Viviane et moi, avec l’aide d’Andrea, de Giampiero et la participation de nos vidéastes, Laurence et Antoine, avons rencontrés habitants, adultes et enfants, de la Ville de Saint Denis, ainsi que quelques étudiants à l’Université.

Malgré quelques difficultés à toucher les personnes qui circulaient autour de nous, du spectacle et de la toile de laine, nous tenons à remercier tous les adultes et enfants qui se sont lancés, qui plus timidement, qui plus assurément, dans nos jeux et nos aventures.

Je laisse aux mots tapés sur la machine à écrire par une spectatrice-témoin d’en raconter plus :

text by ©Emilie Carré/inoutput

A très bientôt,

Nerina

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

aujourd’hui, comme l’ont bien souligné Alena et Heather, a été une bonne journée. Dans le bon air parisien d’un dimanche ensoleillé, nous nous sommes rendues au RDV que j’avais avec un monsieur – son nom est un mystère ! – que j’avais connu à la brocante de Ledru-Rollin dimanche dernier. Ce monsieur m’avait été indiqué par un autre vendeur auquel j’avais demandé s’il avait des machines à écrire.

Le vendeur: “Revenez vers 16-16h30. Il y aura un monsieur qui saura vous aider.”

J’y suis bien retournée, Andrea à la main. Et le monsieur était là.

“Que cherchez-vous ?”

“Une machine à écrire. Années 60. Légère, portable, et en état de marche.”

“J’ai peut-être quelque chose pour vous. Une allemande. Du solide. Venez me voir dimanche prochain. Boulevard Vincent Auriol, Métro Nationale.”

Nous y étions. Et une demi-heure après, le monsieur aussi. Dans un sac du supermarché, enroulée dans un serviette, elle était là. Il l’a sortie avec la délicatesse d’un chirurgien qui ouvre un crâne. Il me l’a fait sortir de sa boîte, ou plutôt, m’a fait enlever son couvercle, et là voilà.

Une Olympia Splendid 33. Allemande de construction. Clavier Azerty.

Une beauté, couleur crème avec des touches rouges foncé.

Il m’a montré les 3 gestes à faire pour la mettre en marche. La série de phrases écrites pour bien contrôler l’alinéation des caractères. Les shifts. Le déblocage. Les marges. Les 90 degrés qu’il faut bien garder avec les coudes.

“Allez-y, essayez-là.”

Et Heather l’a essayée.

Tac. Tac. Tac.

“Et surtout n’ayez pas peur. Lancez vos doigts.”

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac. Din!

Ah, cette clochette de fin de ligne. Et ces touches.

“Don’t be afraid to strike it. Be sturdy. With each key.”

Le monsieur, en plus, parlait anglais… Rarement ai-je vu un tel amour pour un objet. Et rarement l’ai-je senti aussi profondément. Du solide, c’est du solide. Du beau, c’est du beau. J’ai hâte de m’y assoir, les coudes bien à 90 degrés, et écrire une longue lettre à Mimma. Pour la roder. Pour la ramener en vie, après les soins précieux du monsieur. Pour la faire chanter, de ses 49 touches et de sa clochette. Pour la préparer aux répétitions. Et à sa vie de star sur le plateau.

Tac, tac, tac. Din!

Nerina

Paris, 12th arrondissement

Dear reader,

outdoors rehearsals and close research are producing their effect: ideas are starting to float in me. Images, feelings, sensations, shapes, relationships. I feel like a sponge taking in whatever comes my way. I haven’t experienced this sensation in almost two years, and it feels like myself again. I don’t think an artist can experience a greater pleasure.

Today was a gorgeous, tasty experience. With Alena and Andrea we were in a garden right next to the Promenade plantée right along rue de Bercy. We had been there for about 1h15, with Alena exploring the space and slowly building a maze of yarn and bamboo branches, with some sparse newspaper pages afloat in the midst of it all. At that point, as I had just walked to her and asked her to stop building and just playing with the space she had created, we heard voices. Children. Many of them.

There were probably 30 of them. An after school group, coming to eat their goûter in the park. Well, they saw the maze. And they didn’t stop. They started asking questions: “what is it? what is it for? is it a sculpture? can we touch it?” I asked them what it was: “It’s for Christmas!” “It’s a spiderweb!” “it’s to jump!” So many answers. “Can we play with the yarn?”

Oh yeah. And they did.

What a pleasure to see free spirits playing with the legumi, as Andrea calls them. Yarn balls flying across tree branches. Legs jumping over yarn strings. Walking underneath. Running. Screaming. Excitement. Free flow.

“Madame, je crois que vous n’aurez plus de pelotes…” We did, at the end. God knows how.

Thank you kids for playing with my universe. Thank you for looking at it with the honesty of your heart. And thank you for showing me that 5 minutes is more than enough time for play. And that all it takes is an energy.

Thank you for being there today and liberating whatever was there waiting to be liberated. Shapes, colors, ideas, interventions, Lego spirit.

With the greatest smile,

Nerina

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

après un retour calme sur Paris et un petit temps de repos, nous revoilà au travail.

Une grosse partie de POST•M est l’exploration de lieux publics, ouverts, de passage, présents et construits depuis peu ou depuis des siècles et s’imprégner de leurs atmosphères, de leurs vibrations. Nous avons donc commencé ce travail avec Alena, qui  est allée jeudi au cimetière du Père Lachaise et a improvisé physiquement avec la technique du “frameworking”, c’est à dire l’utilisation du corps comme cadre d’observation de ce qui nous entoure, mais aussi comme filtre d’observation de nous-même pour l’extérieur. Donc, par exemple, j’utilise mes bras croisés comme “framework” et je vois le monde à travers ce cadre. En un second temps, je laisse que ce que je vois à travers ce “framework” m’observe à son tour à travers mes bras croisés. Que voit-il de moi ? Quelle image, fragmentée et entière, peut-il se former de moi et de mon expérience de ce moment ? Alena, à travers ce travail, a commencé à observer les tombes et les épitaphes qui l’entouraient. Elle a reconnu les “chemins” de tellements de personnes…

Ce soir, nous nous sommes retrouvées et nous avons continué cette exploration. En marchant tout le long de l’Avenue Ledru-Rollin, passant la Seine et arrivant au Quai Saint Bernard, nous nous sommes concentrées sur tous les chemins de vie que nous rencontrions : la souris qui traversait la rue de Charenton, les deux chiots qui jouaient au coin avec l’Avenue, les rollerbladers sur la rue de Bercy, les cyclistes le long du Quai de la Rapée, l’eau de la Seine, les lignes du métros qui s’intersectaient sous nos pieds, les avions qui passaient au dessus de nos têtes… Avec cette conscience, nous sommes arrivées à l’embarcadère du Vogéo (Gare d’Austerlitz) et nous nous sommes lancées en une improvisation sur les marches.

Entre les centaines de mouvements exquissés et les dizaines de thèmes abordés, la question centrale que je pose ce soir est la suivante : qu’est-ce que la connection entre générations ? Comment est-ce que les savoirs, les comportements, les réactions, les habitudes se passent de l’une à l’autre ? Qu’apprend-t’on de nos parents ? De nos grandparents ? Quoi de tout cela est conscient ? Qu’est-ce qui est social ? Qu’est-ce qui est familial ?

Pensez aux petites choses, plutôt qu’au général. Pensez à l’expression sur le visage de votre mère ou de votre père qui est “familaire”. Pensez à la façon d’aborder une idée, la connaissance du nouveau. Pensez à la façon de faire les choses (le rangement, la vaisselle, le pliage de vêtements). Pensez aux métiers de la famille : ont-ils quelque chose en commun ? Ne serait-ce que l’envie et l’énergie derrière eux. Pensez à vous-même comme individu au sein d’un passage, et non pas en isolation.

En interrogation,

Nerina

Rome, Via Poliziano

Dear reader,

the POST•M company is heading back to Paris tomorrow, attacking a second part of rehearsals. The next three or four weeks will be dedicated to intense research, story-building, universe-bulding and choreographic research. Breaking up our time in different ways and meeting less all together as a company, this time will allow me to compartmentalize the different aspects of this production and start weaving the different threads that will make up the next part of the creative process.

After this reinvigorating Roman experience, I feel ready to bite at the material and dive head and tummy first into family history, post-traumatic theory and movement exploration of different parts of Paris and its suburbs. I look forward to share all the material I have gathered in the past years!

We will also be developing the new characters inhabited by Maria and Viviane, and start imagining a new common world, in which everybody has a space, a place and a time.

And guess what? Andrea’s almost there to physically join us at rehearsals and Heather’s arriving in 9 days, exactly!

Nerina

Paris, 12th arrondissement

Dear reader,

tomorrow is our first day of rehearsals here in Paris. I am getting excited, preparing my material and looking forward to start wrapping our heads and bodies around the questions we are raising. As we’ve been getting closer and closer to this point, more and more people have been asking me how I intended to reprise the work we have left off at Middlebury last February. I guess you might be curious too. So here is a very synthesized answer, which I hope will cover some of the interrogatives which have surfaced.

First and foremost, POST•M needs to start building its new company; since Heather and Andrea have joined the backstage production crew, Alena has been joined on stage by Viviane Irina Neumann and Maria Zamino, an Italian actress and dancer living in Paris. Our first days will therefore be focused on getting to know each other and starting to figure out a common language (English/French but also an artistic one). This entails a lot of what I call company work; physical improvisations, composition exercises (to simplify that’s what Anne Bogart calls constructed and led brainstorming sessions in Viewpoint technique), Authentic Movement and content analysis.

The content analysis will span from reading newspapers from February to today and attempting to organize a narrative line, deconstructing civic engagement from our personal and cultural point of views, exploring the concept of the “weight” of the individual in society, ordering thoughts about generations and citizenship. I am sure that as we try to organize, many more questions will arise. And I can’t wait to be confronted to the challenge.

For the moment, I just look forward to finding myself at Le Regard du Cygne tomorrow at 2pm and dive guts first into the heart of the matter with Alena, Viviane and Maria.

Whooshing around,

Nerina

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

les quatre derniers jours ont été mouvementés du côté d’inoutput : Alena, Viviane et Andrea sont arrivés !

Tout le monde est installé et l’aventure a recommencé, ici même, à Paris ! Le mélange de langues, les regards interrogatifs, les impressions sur l’environnement inconnu, l’excitation des retrouvailles – bref, ces rencontres profondément vraies. Ce sont ces regards et ces sourires qui me font enfin cadeau de la réalisation que cette folie n’est que très concrète et nécessaire. Pour nous tous. Et pour des raisons différentes.

Alors, avant que Andrea ne reprenne la route, je vous remercie, les unes et l’autre pour être arrivés jusque là et pour vous lancer, avec moi, lundi, dans le labyrinthe que seront les prochains deux mois. Heather, nous n’attendons que toi !

Avec une très grande joie,

Nerina

Photo by ©Nerina Cocchi

Paris, 20th arrondissement

Dear reader,

how much does responsibility weigh on your making decisions?

Photo by ©Andrea Messana

With very very gentle regards,

Nerina