by nerinacocchi

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

aujourd’hui, comme l’ont bien souligné Alena et Heather, a été une bonne journée. Dans le bon air parisien d’un dimanche ensoleillé, nous nous sommes rendues au RDV que j’avais avec un monsieur – son nom est un mystère ! – que j’avais connu à la brocante de Ledru-Rollin dimanche dernier. Ce monsieur m’avait été indiqué par un autre vendeur auquel j’avais demandé s’il avait des machines à écrire.

Le vendeur: “Revenez vers 16-16h30. Il y aura un monsieur qui saura vous aider.”

J’y suis bien retournée, Andrea à la main. Et le monsieur était là.

“Que cherchez-vous ?”

“Une machine à écrire. Années 60. Légère, portable, et en état de marche.”

“J’ai peut-être quelque chose pour vous. Une allemande. Du solide. Venez me voir dimanche prochain. Boulevard Vincent Auriol, Métro Nationale.”

Nous y étions. Et une demi-heure après, le monsieur aussi. Dans un sac du supermarché, enroulée dans un serviette, elle était là. Il l’a sortie avec la délicatesse d’un chirurgien qui ouvre un crâne. Il me l’a fait sortir de sa boîte, ou plutôt, m’a fait enlever son couvercle, et là voilà.

Une Olympia Splendid 33. Allemande de construction. Clavier Azerty.

Une beauté, couleur crème avec des touches rouges foncé.

Il m’a montré les 3 gestes à faire pour la mettre en marche. La série de phrases écrites pour bien contrôler l’alinéation des caractères. Les shifts. Le déblocage. Les marges. Les 90 degrés qu’il faut bien garder avec les coudes.

“Allez-y, essayez-là.”

Et Heather l’a essayée.

Tac. Tac. Tac.

“Et surtout n’ayez pas peur. Lancez vos doigts.”

Tac. Tac. Tac. Tac. Tac. Din!

Ah, cette clochette de fin de ligne. Et ces touches.

“Don’t be afraid to strike it. Be sturdy. With each key.”

Le monsieur, en plus, parlait anglais… Rarement ai-je vu un tel amour pour un objet. Et rarement l’ai-je senti aussi profondément. Du solide, c’est du solide. Du beau, c’est du beau. J’ai hâte de m’y assoir, les coudes bien à 90 degrés, et écrire une longue lettre à Mimma. Pour la roder. Pour la ramener en vie, après les soins précieux du monsieur. Pour la faire chanter, de ses 49 touches et de sa clochette. Pour la préparer aux répétitions. Et à sa vie de star sur le plateau.

Tac, tac, tac. Din!

Nerina

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