by nerinacocchi

Paris, 12ème arrondissement

Cher lecteur,

après un retour calme sur Paris et un petit temps de repos, nous revoilà au travail.

Une grosse partie de POST•M est l’exploration de lieux publics, ouverts, de passage, présents et construits depuis peu ou depuis des siècles et s’imprégner de leurs atmosphères, de leurs vibrations. Nous avons donc commencé ce travail avec Alena, qui  est allée jeudi au cimetière du Père Lachaise et a improvisé physiquement avec la technique du “frameworking”, c’est à dire l’utilisation du corps comme cadre d’observation de ce qui nous entoure, mais aussi comme filtre d’observation de nous-même pour l’extérieur. Donc, par exemple, j’utilise mes bras croisés comme “framework” et je vois le monde à travers ce cadre. En un second temps, je laisse que ce que je vois à travers ce “framework” m’observe à son tour à travers mes bras croisés. Que voit-il de moi ? Quelle image, fragmentée et entière, peut-il se former de moi et de mon expérience de ce moment ? Alena, à travers ce travail, a commencé à observer les tombes et les épitaphes qui l’entouraient. Elle a reconnu les “chemins” de tellements de personnes…

Ce soir, nous nous sommes retrouvées et nous avons continué cette exploration. En marchant tout le long de l’Avenue Ledru-Rollin, passant la Seine et arrivant au Quai Saint Bernard, nous nous sommes concentrées sur tous les chemins de vie que nous rencontrions : la souris qui traversait la rue de Charenton, les deux chiots qui jouaient au coin avec l’Avenue, les rollerbladers sur la rue de Bercy, les cyclistes le long du Quai de la Rapée, l’eau de la Seine, les lignes du métros qui s’intersectaient sous nos pieds, les avions qui passaient au dessus de nos têtes… Avec cette conscience, nous sommes arrivées à l’embarcadère du Vogéo (Gare d’Austerlitz) et nous nous sommes lancées en une improvisation sur les marches.

Entre les centaines de mouvements exquissés et les dizaines de thèmes abordés, la question centrale que je pose ce soir est la suivante : qu’est-ce que la connection entre générations ? Comment est-ce que les savoirs, les comportements, les réactions, les habitudes se passent de l’une à l’autre ? Qu’apprend-t’on de nos parents ? De nos grandparents ? Quoi de tout cela est conscient ? Qu’est-ce qui est social ? Qu’est-ce qui est familial ?

Pensez aux petites choses, plutôt qu’au général. Pensez à l’expression sur le visage de votre mère ou de votre père qui est “familaire”. Pensez à la façon d’aborder une idée, la connaissance du nouveau. Pensez à la façon de faire les choses (le rangement, la vaisselle, le pliage de vêtements). Pensez aux métiers de la famille : ont-ils quelque chose en commun ? Ne serait-ce que l’envie et l’énergie derrière eux. Pensez à vous-même comme individu au sein d’un passage, et non pas en isolation.

En interrogation,

Nerina

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